• La logique musicale de l'écoute : une logique stoîcienne de l'assentiment

     Cet exposé privilégiera, parmi les trois sens possibles du mot logique en musique (structuration transcendantale du monde de la musique par l'écriture – dialectique du « discours musical » au gré des morceaux de musique – stratégie à l'œuvre en termes d'écoute), l'investigation du troisième.
    On posera pour cela que, si la musique est bien aussi un art, c'est au titre de l'écoute plutôt que de l'écriture ou du discours.
    Si logique il y a en musique, il convient donc de la localiser également dans ce qui rend possible qu'en musique l'écoute excède de toutes parts la plate réception d'une communication.
    Dans ce cas, il nous faut identifier les opérations musicales proprement logiques moins dans la capacité musicale de développer « un discours », de construire et déduire des « objets » via l'écriture, que dans son aptitude à convaincre l'auditeur qu'une pensée sensible est bien à l'œuvre au présent et qu'il y a sens à y adhérer.
    Ainsi, exhausser ce qu'est une stratégie musicale à l'œuvre reviendrait moins à démontrer une rigueur d'écriture et de grammaire (laquelle appelle un consentement calculé) qu'à montrer l'aptitude singulière de chaque œuvre à susciter l'adhésion de qui l'écoute au fil du temps.
    On soutiendra à ce titre que la logique musicale de l'écoute (troisième sens de la logique en musique) relève d'une logique de l'assentiment (dynamique et endogène) plutôt que d'une grammaire du consentement (en froide extériorité) : où l'on retrouvera la différence entre comprendre pas à pas une démonstration mathématique et s'approprier sa logique stratégique. Ce sera tout aussi bien soutenir que cette logique musicale est constituante (elle constitue son « écouteur » en l'incorporant à une place immanente que l'œuvre invente) plutôt que constituée (mise en rapport de places préexistantes et séparées, telles celles du pupitre sur l'estrade et du fauteuil au parterre).
    Pour explorer cette voie d'une logique musicale de l'assentiment, on se tournera vers la logique stoïcienne pour y discerner une dialectique de l'adhésion (sur des propositions « événementielles » plutôt que prédicatives).
    L'enjeu pour le musicien sera de profiler quelques nouveaux principes logiques pour la musique, non plus ceux - à la base de la dialectique musicale - qu'on a pu contraposer aux principes aristotéliciens (principes de non-identité, de contradiction contrainte et du tiers obligé) mais ceux qu'une « logique stoïcienne » ainsi comprise suggère quant aux conditions de possibilité d'une écoute musicale à l'œuvre


    François Nicolas
    http://www.entretemps.asso.fr/Nicolas/


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